Par Alie
Histoire d'un déménagement (sans soucis)
Il fallait que ça sorte ! Voici le récit de notre déménagement. Il n'y a pas de questions liés à ça, ni de grosses péripéties, mais j'avais besoin de le raconter. Avant de déménager, j'étais toujours restée à la même écurie et c'est dur de lire des témoignages complets. En voici un, le miens ! Il est écrit sous forme d'histoire, mais tout est véridique.
30 avril : Réveil pénible, plusieurs nuits sans sommeil de suite sont venues à bout de ma tolérance. La journée commence avec un examen final d’anesthésie (celui que j’ai étudié jusqu’à tard la veille). Il s’est bien déroulé compte tenu de mon niveau de stress intérieur. Tout ce qui restait avant LE moment important de la journée, c’était une rencontre avec la prof de psycho qui durait 5 min. On quitte enfin le cégep à 12h15. On est pressé, le trailer doit arriver à 13h donc on ne mange pas (on est supposé avoir faim ?) et on arrive à l’écurie à 13h10. Oups, bon, c’est ça le problème quand on étudie à l’extérieur de la ville... Le trailer est déjà dans la cours et le conducteur, propriétaire de notre bientôt nouvelle écurie, nous attend en faisant les cent pas dans l’allée.
On se confond en excuses et on se dirige vers nos chevaux, Micro et Cowgirl, pour les brosser et mettre quelques protections en cas de soucis lors du voyage. On avait prévu des bandages de transport, peut-être même des bandages de queue, mais notre retard nous a forcé à recalculer le tir et ça a fini par de simples guêtres. Bon, c’est mieux que rien j’imagine ? Une fois nos chevaux à peu près propres, on se dirige vers la cours extérieure. Je croise une pensionnaire, on se dit au revoir, les larmes aux yeux toutes les deux. Cette dame va vraiment me manquer. On dit un dernier au revoir à la propriétaire de l’écurie, puis hop, on est prêt à embarquer. Le conducteur tient Micro et essaie de le faire embarquer dans le trailer. Celui-ci bloque et fixe sa propriétaire. Après quelques minutes de gossage, elle entre dans le trailer et Micro finit par entrer lui aussi. Pendant ce temps, Cowgirl piétine et je lui fais faire quelques pivots en attendant pour lui occuper l’esprit. Quand vient son tour, elle embarque comme la grande dame qu’elle est, sans chichi. La porte se ferme et c’est le grand départ.
Le trajet de 20 min nous parait durer une heure entière. On arrive à notre nouvelle écurie et on entend des hennissements de stress. Ça, c’est Micro haha ! On ouvre la porte du trailer et Cowgirl nous regarde avec un air qui disait « Ah, vous êtes revenus ? » On aurait dit qu’elle ne s’était pas rendu compte du voyage. Micro, lui, est couvert de sueur, mais pas une égratignure. On les débarque et on les met directement dans le ring rond. Ils s’énervent un peu, sentent les chevaux dans le pacage à côté. Tout va bien, ils sont nerveux, mais ils se calment assez vite. Cowgirl pousse Micro à chaque fois qu’il veut aller sentir les autres chevaux. On voit qui domine qui ! Après un bon 30 min, vient le temps de les envoyer dans le champ.
Voici LE moment que l’on craignait tous. Cowgirl a vécu en box les quatre dernières années et ne voyait d’autres chevaux que lors de sorties contrôlées. Tout c’était toujours bien déroulé, mais on ne peut pas deviner sa réaction face à une dizaine d’autres chevaux de tout âge en même temps. Micro lui, est habitué à vivre en groupe, mais ça reste de nouveaux amis. On les laisse partir, surveillant qu’aucun ne tenterait de tester la clôture électrique (ça aurait été assez désagréable).
Et finalement... rien ! Ils sentent leurs nouveaux camarades et après quelques galopades en pataugeant dans la boue (maudite pluie), ils trouvent le rack à foin, se font une place aux travers des autres et commencent à manger. On est quand même restées une bonne heure à les fixer, mais rien de plus palpitant ne s’est produit. Tant mieux ! On repart, chacune travaillant plus tard dans la journée. Que de stress pour un déménagement si simple finalement !
1er mai : On retrouve nos protégés le lendemain matin, sous une pluie fraiche, mais désagréable. J’ai envie de pleurer, ma belle Cowgirl a une épaisseur de 3 cm de boue sur le dos. Beurk ! Ma jument toujours propre dans son box... On entre les chevaux dans l’écurie, pour leur montrer les lieux qu’on n’avait pas pu leur montrer la veille. Ils sont un peu nerveux, mais se laissent attacher sur les chaînes. Je couvre Cowgirl d’un cooler pour la sécher un peu, elle tremble légèrement, mais je soupçonne d’avantage le fait de s’être taper un galop avec ses amis juste avant qu’on arrive plutôt que le froid. Comme ils sont trempés, on ne peut pas vraiment les brosser donc on ne fait que les regarder, les caresser un peu, les laisser s’adapter à ce nouvel environnement. Après une quinzaine de minute, je retire le cooler et brosse les parties qui sont un peu plus sèches. Ensuite, on s’équipe d’une longe et on les amène dans le manège intérieur.
Celui-ci est beaucoup plus petit que dans notre précédente écurie. Une pensionnaire est en train de longer son cheval. On les fait marcher tranquillement, je fais même faire quelques tours de longe à Cowgirl. Elle est top shape, un peu fatiguée de sa journée de la veille forte en émotion, mais aucune blessure. À la fin, ils sont un peu plus secs, donc on retourne sur les chaînes, on les brosse un peu plus, je TENTE de décrasser la couche de boue sur son dos, mais j’arrive à des résultats peu convaincants alors je laisse tomber. On retourne les chevaux avec leurs amis, une autre journée d’école nous attend.
2 mai : M’étant fait appeler dernière minute pour travailler le midi, j’arrive à l’écurie à 15h alors que j’avais l’intention de passer la majorité de ma journée là. Zut ! Je suis seule cette journée là, mais en arrivant à l’écurie, je découvre une trentaine (voir plus) de personnes sur place. Une vraie fourmilière ! Dire qu’à mon ancienne écurie, on se marchait sur les pieds si on était plus que dix en même temps. Je ne connais le nom d’aucune d’entre elles, c’est un peu intimidant.
Je pars donc chercher ma jument dans le champ. Celle-ci n’a pas trop envie de quitter ses amis donc me force à patauger dans la boue pendant un bon 10 min avant de réussir à l’attraper. Un point à travailler... Au moins je n’avais pas de spectateurs. Je me dirige donc vers l’écurie, quand le propriétaire de l’écurie m’interpelle, l’air rieur : « Ahah, tu as fini par l’attraper ! » Ok, je CROYAIS ne pas avoir de spectateurs. Mais c’est de bonne foi, alors je ris aussi et lui répond que oui ! Cowgirl est beaucoup plus propre que la veille, il n’a pas plu pendant la nuit. Je la brosse donc en entier, puis l’amène vers les douches pour lui laver ses pattes boueuses. Elle qui faisait ça sans problème à l’autre écurie, ici, entourée d’autres chevaux et de personnes inconnues, c’est dangereux ! Elle lève les pattes, je dois avertir des enfants à proximité de s’éloigner en prévention d’un coup de sabot. S’il avait fallu qu’elle en blesse un, je me serais sentie beaucoup trop mal !
Entre temps, le propriétaire de l’écurie décide de me présenter à toute la population sur place. C’est assez gênant, mais c’est moins compliqué que de répéter 30 fois la même chose. Je discute un peu avec quelques pensionnaires, puis retourne m’occuper de ma jument. Je dois répéter plusieurs fois son nom, mon accent anglophone étant assez mauvais.
Je finis ma besogne en peu de temps, Miss finit par se détendre. Une fois toute propre, je ne sais pas trop quoi faire. Le manège intérieur est occupé, je ne connais pas les trails et le manège extérieur est rempli d’eau. Comme elle m’avait fui à mon arrivée, j’ai décidé de la retourner dans le champ directement, pour qu’elle ne m’associe pas automatiquement au travail. Au moment d’aller dans le pacage, je décide de l’entrainer vers la section gazonnée de son pâturage. Le seul cheval qui nous suit, c’est Micro. Ça tombe bien ! Une fois sur l’herbe, je la libère et elle commence à brouter autour de moi, Micro à ses côtés. Ils sont beaucoup trop adorables, on savait qu’ils s’entendaient bien, mais je pensais qu’elle se ferait d’autres amis. Les autres restent avec le foin dans la section boueuse. J’en profite pour faire un petit shooting photo afin d’immortaliser le moment. Après un petit bout de temps, je quitte les deux tourtereaux, en espérant qu’ils retrouvent leur chemin vers leurs amis, ahah !
4 mai : Nous retournons ensemble à l’écurie lundi soir. Aucune de nous deux n’était allée la veille et nous n’en pouvions plus de savoir comment allaient nos chevaux. J’arrive en premier et je découvre que le rack à foin a été déplacé à l’autre bout du champ, dans la section gazonnée plutôt que dans la boue. Super ! Le seul problème, c’est que ça prend un bon 10 min de marche pour s’y rendre (c’est immense) et que Cowgirl aura beaucoup plus de facilité pour se sauver. Heureusement, elle broute prêt de la clôture et se laisse attraper immédiatement. Wow, déjà un progrès ! Je la caresse doucement et la fait marcher un peu. Je voulais seulement venir la voir, pas le temps de les sortir du champ aujourd’hui. Mon amie arrive et lance : « «Tiens, elle est blessée ! ». Moi, en mode panique... « Quoi ? » J’étais tellement concentrée sur elle que je n’ai pas remarqué la forme de sabot sur son épaule, ni la trace de morsure sur son flanc. Rapide inspection, ce ne sont que des blessures mineures, car c’est superficiel et la cicatrisation est déjà amorcée. Elle ne boite pas du tout. Ouff ! Environ cinq nouveaux chevaux venaient d’être introduits dans le troupeau donc il fallait s’attendre à quelques bobos. Rassurées, on fait un autre shooting photo puisqu’on n’avait pas grand-chose d’autre à faire et on donne quelques bonbons. On part de l’écurie après une heure, mais l’appareil photo rempli d’images mémorables.
On espère qu’il s’agit du début d’un bel été ! Sur la photo, on voit la trace de sabot. Rien de grave encore une fois ! Je suis retournée à l'écurie hier et j'ai lavé toutes les plaies à l'eau et au savon, puis ajouté un peu d'iode dessus pour aseptiser et aider la cicatrisation.



