Le cheval canadien fait-il partie de notre patrimoine?
- par sylvias - Mots-clés :
[ RACES ] Pourquoi devrait-on promouvoir le cheval canadien? À quoi bon! De toute façon, ne fait-il donc pas partie du passé, n'est nullement reconnu dans les livres! Même le berceau de ses origines ne le reconnaît pas. On ne le voit plus dans les foires agricoles. Les éleveurs ne peuvent plus se permettent d'en garder. Il coûte plus cher à élever que le prix de sa revente. Qui veut avoir un cheval qui coûte une fortune à entretenir, sans aucune utilité? Certainement pas pour nous, Québécois, et encore moins les Canadiens. De toute façon, il y a tellement de belles et puissantes machines aujourd'hui qui font tout le travail! Beaucoup plus rapidement, elles arrivent à dévaster une forêt entière en un temps record, ce qui nous laisse beaucoup de temps pour nos émissions de télé, jeux de combats interactifs, Nintendo, I-box, sans oublier nos relations personnelles cyber-web à la conquête de la perle rare.
L'homme moderne a bien changé, il est devenu plus heureux seul avec sa bébelle mécanisée. Très matérialiste, il a besoin de satisfaction immédiate pour remplir son vide intérieur. N'est-ce pas bien mieux que d'avoir à se soucier d'un être vivant comme un cheval?
Le cheval canadien, laissons-le donc passer aux oubliettes, tout comme le reste de notre patrimoine culturel! À quoi bon les veilles choses? N'envoyons-nous pas nos vieux dans les foyers d'accueil pour ne pas avoir à les écouter radoter leurs vieux souvenirs. Pourquoi enseigner l'histoire du Canada à nos enfants dans les écoles si au départ les parents ne s'y intéressent pas? L'éducation commence par les valeurs humaines. Ces valeurs humaines sont notamment le respect, l'acceptation, la considération, l'appréciation, l'écoute, l'ouverture, l'affection, l'empathie et l'amour envers d'autres humains et les animaux. C'est avec ces valeurs humaines qu'il devient réellement possible de mettre en pratique ses valeurs éthiques, telles que la justice, l'intégrité et le refus de la violence. Ce sont les valeurs humaines qui nous permettent de vivre ensemble en bonne harmonie et de contribuer personnellement à la paix. Accepter, respecter, considérer et apprécier l'autre, tous les autres humains, aussi différents de nous soient-ils, et aussi soi-même.
Sans notre passé. Que serions-nous devenus? Il faut avant tout avoir l'intérêt pour en donner. C'est facile de rejeter la faute sur la société, si nos enfants n'ont aucun respect d'autrui, aucune, éducation, aucun intérêt. C'est facile de rejeter le blâme sur les autres, jamais facile d'admettre nos fautes. Si tout va bien, c'est grâce à qui? A nous, si tout va mal, c'est la faute de l'autre. Arrêter de blâmer la société pour tout et pour rien, l'accuser de ne pas faire leur devoir envers nos enfants. C'est avant tout à nous de faire notre propre éducation et celle de nos enfants. N'avons-nous pas le temps! Nous avons toutes les machines qui font le travail à notre place.
Avons-nous le droit de critiquer nos pères? Nous n'en savons rien puisque nous ne l'écoutons plus notre père! Et notre cheval canadien, qu'en est-il? Qu'a-t-il à voir avec nos origines? Qu'a t'il fait pour mériter qu'on se soucie de son bien-être? Je suis d'avis qu'il faut vraiment rien connaître de notre histoire pour déclarer que le cheval n'a plus sa place. Eh bien! Nous sommes totalement en dehors de la traque!
Je peux vous dire que cet animal a bel et bien contribué et surtout été très utile au développement de notre pays, bien plus que la majorité des gens ont pu faire et feront. Ce sont les personnes qui ne le connaissent pas et ne savent pas de quoi elles parlent qui le critiquent. Nous sommes les premiers à proclamer haut et fort notre fierté d'être québécois! De quoi sommes-nous si fiers? Qu'avons-nous gardé de notre passé? Cherchez! Je suis certaine que vous ne trouverez pas grand-chose! Pour trouver, il faut aller à l'extérieur du pays, c'est là que vous allez découvrir nos richesses, vous allez voir qu'ils sont fières d'avoir fait l'acquisition de nos vieilleries et ce, pour pas grand-chose.
J'élève aujourd'hui les chevaux de nos pères pour nos enfants de demain. Je le fais avant tout pour moi! Je préfère la compagnie de mes chevaux à celle des bébelles mécanisées. Mes chevaux m'ont apporté plus de joie, de paix intérieures que tout autre chose. Je peux dire que j'ai vraiment de quoi être fière de ce noble animal! Il a été d'une grande utilité, non seulement à notre pays, mais pour d'autres pays, il fut un temps où les gens se l'arrachaient tellement que nous l'avons presque exterminé. Le petit cheval de fer, le fidèle ami de nos pères. C'est en 1665 que le Roi Louis XIV (aussi surnommé le Roi Soleil) aurait fait parvenir 82chevaux. Seuls les plus forts ont survécu à nos hivers rigoureux, sachant s'adapter à notre climat pour devenir plus petit et plus robuste.
La population chevaline s'est développée pendant près de 100 ans. Le cheval était alors la fierté des habitants de cette époque. Au départ, les chevaux étaient destinés aux classes sociales plus hautes, et presque réservé aux nobles. Ils servaient à tous les travaux. Ce n'est que vers 1830 que le cheval canadien devient si populaire, tellement que les Anglais commencent à s'y intéresser. Durant le régime anglais, on a fait la promotion du croisement des chevaux canadiens avec des étalons de races anglaises et de chevaux de trait comme le percheron. La population des chevaux canadiens s'est mise à tomber. Pendant les années 1850, les États-Unis importent beaucoup de chevaux pour combler les besoins créés par la guerre. À la fin du siècle, la race est en voie d'extinction. C'est seulement en 1895 qu'est fondée la Société des éleveurs de chevaux canadiens par Dr J.A. Couture afin de préserver la race.
Au début des années 1900, les cultivateurs n'étaient pas riches et bien peu avaient les moyens de faire enregistrer leurs chevaux. Avec l'arrivée de l'automobile, les plus riches ont remplacé le cheval par le tracteur. Le cheval a perdu son statut social, il est donc passé de symbole de valorisation sociale à symbole de retard social et même de pauvreté. Vers les années 1970, il n'en reste pas plus que 400.
C'est grâce à la ferme Deschambault que le cheval reprend doucement ses lettres de noblesse et sa population reprend en vigueur. En 2002, le parlement du Canada déclare le Cheval canadien « Race nationale du Canada ». Il est reconnu comme faisant partie de notre patrimoine canadien et québécois. Le Québec est sensé en être le berceau! Mais que berçons-nous? Seulement la police montée de Montréal en possède quelques-uns et le considère comme étant un loyal compagnon de travail. Vous pouvez le voir sur la montagne du Mont-Royal, et quelquefois dans les rues de la ville, se promenant fièrement pour les parades ou bien pour repousser les manifestants. Par contre, je ne peux en dire autant de la belle Gendarmerie Royale du Canada, chevauchant toujours fièrement leurs propres chevaux de notre chère Reine d'Angleterre.
Dans le monde équestre, parce que le cheval canadien est un cheval de bonnes conformités, les connaisseurs se l'arrachent. Ils achètent nos meilleurs sujets pour en faire un croisement dans le seul but d'améliorer leurs grands champions. Encore une fois, qui va en récolter tout le bénéfice? Ce n'est pas nous, puisque ce sont leurs étalons. Ils vendent leurs chevaux à des prix exorbitants, alors que nous éleveurs de canadiens devons nous résoudre à vendre nos plus beaux spécimens pour une bouchée de pain. Pouvons-nous rester impartial et laisser encore une fois tout notre patrimoine partir? N'en avons-nous pas assez de laisser aux autres le droit d'être fière de notre richesse. Je crois sincèrement qu'il serait temps de se réveiller et se serrer les coudes au lieu de se jalouser. Se dire une fois pour toutes que nous sommes fiers de notre passé, fiers de ce que nous possédons, fiers de protéger ce pourquoi nos pères ont tant travaillé afin de nous donner une si belle richesse.
Félicitations à Mr. Blackburn (parcourt quelque 4000 kilomètres vers le Texas) qui a la conviction, qui croit en ce magnifique cheval. Enfin une personne qui est fière, qui a le courage, la force, la robustesse de notre cheval canadien. Je ne peux pas en dire autant de certaines personnes qui auraient plutôt tendance à croire que c'est le mouton notre emblème. Pour une fois que nous avons un titre de noblesse à défendre, les gens s'en foutent carrément, faut croire que les gens s'identifient comme étant la grenouille du Québec.
Je sais qu'un jour, nous reviendrons à nos vraies valeurs d'antan. Je crois sincèrement que notre prochaine génération de Yong/Tremblay natif de Chicoutimi pourra vraiment être fière d'être issue de véritables racines québécoises et possèdera un cheval canadien avec qui partager de véritables moments de tendresse.
Note : Si des opinions sont émises dans ce texte, elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de poneyxpress.com.




Par Bourask
Par Azufel
Tres beau texte.
Je suis pas une fan des chevaux canadiens, mais je les aime quand même. ils sont la représentation des siècles qui nous ont précédé et impose le respect.
Par nicky_love
Par SwanAlex
VIVE LE CHEVAL CANADIEN!!!!!!
Par Back
L'homme moderne a bien changé, il est devenu plus heureux seul avec sa bébelle mécanisée. Très matérialiste, il a besoin de satisfaction immédiate pour remplir son vide intérieur. N'est-ce pas bien mieux que d'avoir à se soucier d'un être vivant comme un cheval?
Quelques phrases que JE ME SOUVIENDRAI...en bonne QUÉBECOISE!!!
Par sista38