Mon équitation et ma réflexion sur celle-ci à ce jour
- par Niki9
[ RÉTROSPECTION ] Petite réflexion sur mon équitation dernièrement, ayant eu du temps durant mes vacances pour faire le point, et étant rendue dans ma « carrière » de cavalière à un stade où il est temps de faire une réflexion afin, je crois, de continuer à progresser dans mes objectifs, qui sont de temps en temps à renouveler et à préciser. J'aurai bientôt 33 ans. Je monte à cheval depuis maintenant 25 années, incluant deux ou trois pauses pour diverses raisons.

Photo fournie par l'auteureZoom
Pendant plusieurs années, j'ai évolué de façon encadrée. Cela m'a permis de développer mon équilibre, de choisir une discipline (j'avais choisi le « chasseur »), de m'entraîner à l'obstacle en utilisant la bonne technique, avec des chevaux développés pour cette discipline. J'ai monté une quantité phénoménale de chevaux jusqu'à maintenant. De toutes les sortes, de tous les tempéraments, et de tous les niveaux d'expérience (bon, pas de niveau Olympique quand même là!) et aussi d'entraînement. Cela m'a permis de constater que chaque cheval est vraiment différent et qu'il ne faut surtout jamais avoir la même approche avec chacun d'eux. Cela m'a apporté la confiance en moi, pour être capable de gérer plusieurs tempéraments de chevaux, parfois difficiles à l'extrême!
Au cours des dernières années, j'ai fait l'acquisition de mon premier poulain, Azzaro. Puis ensuite, de mon deuxième poulain (ou plutôt pouliche), Shalimar. Puis finalement, j'ai fait l'acquisition d'un bel hongre Thoroughbred âgé de six ans. Azzaro aura été celui qui m'aura le plus appris. Malgré toutes mes années de cavalière en arrière de moi à ce moment-là, les premières années avec Azzaro auront été les plus instructives, plus que toutes les années antérieures. Le débourrage d'Azzaro, qui ne connaissait ni la selle, ni la bride, ni la longe, m'aura apporté ce qu'aucun entraîneur n'avait réussi à m'enseigner jusque là. Le « gros bon sens », la logique, et mon « sens du cheval » auront été mes seuls alliés durant la période d'éducation primaire de mon brave destrier. Des hauts et des bas, des joies et des peines, des éclats de rire mais aussi des crises de larmes : gens à l'extérieur du monde des chevaux, vous n'avez absolument aucune idée de ce que tout ce travail m'aura apporté. C'est avec émotion que je visionne nos premières vidéos ensemble, nos premières photos, celles de nos premiers pas ensemble, en selle, en équipe.
Puis vint Shalimar. Une toute nouvelle pouliche. Elle aura été beaucoup plus simple et facile qu'Azzaro à son débourrage, peut-être parce que j'avais plus d'expérience, ayant passé par Azzaro, ou peut-être était-ce la pouliche elle-même. Chose certaine, je suis passée par les mêmes étapes, moins intenses car plus faciles. Elle ne connaissait ni la selle, ni la bride et encore moins la longe. Malgré son caractère particulier, Shalimar avait énormément de talent. Plus souple, plus habile naturellement, moins nerveuse qu'Azzaro. Bref, mon attachement pour elle était grand, mais moins intense que celui que j'ai pour Azzaro, peut-être parce qu'Azzaro et moi avons vécu ensemble une suite d'évènements drôles et moins drôles (blessures, maladie, hôpital vétérinaire, danger de mort, coliques) ou peut-être puisque c'est mon tout premier cheval à moi. Bref, il est venu un temps où garder deux chevaux était devenu trop difficile et trop lourd, donc le choix d'en vendre un s'est arrêté sur Shalimar.
Plus tard, j'ai acquis Dreamy, mon grand Thoroughbred typé Warmblood, 17 mains, athlète et puissant à l'obstacle. Un cheval de rêve (Dreamy...). J'y reviendrai plus loin. J'ai évolué considérablement dans les toutes dernières années. J'ai délaissé peu à peu les entraînements encadrés depuis l'acquisition de mes propres chevaux. Ceci m'a amenée à développer mes propres techniques parce que, oui, je suis rendue là, mais aussi cela m'a poussée à ouvrir mon esprit à l'extérieur de l'encadrement strict de la FEQ, selon les programmes de formation des cavaliers. Ces programmes, soit dit en passant sont excellents, mais je crois sincèrement et profondément qu'il faut à un moment donné, une fois ces bases bien acquises, pousser un peu plus loin que l'encadrement de l'équitation « standard », celle des terrains de concours, trop pareille, trop rigide. Cette forme de rigidité d'esprit fait en sorte que nous passons à côté de plusieurs chevaux bourrés de talents, mais considérés comme mauvais puisque, malheureusement, les techniques qui nous sont enseignées ne conviennent pas à tous les tempéraments de chevaux. Ça reste que du « général », et il faut parfois sortir de ce « général » pour arriver à quelque chose avec notre cheval.
Dans les dernières années, j'ai commencé à m'intéresser à autre chose. J'ai exploré l'équitation western, j'ai travaillé très sérieusement en dressage classique et participé à des compétitions, où j'ai d'ailleurs réussi (classée JEQ mais, faute de moyens financiers, n'y suis pas allée...). J'ai lu, j'ai écouté des conseils de vieux cowboys... Bref, la lecture de Baucher, Oliveira, du Général Lotte, les techniques de Tony Del Rosso, de Bernard Chiris et même les conseils d'un ami et excellent cavalier de l'écurie Laitoibleu, m'auront apporté une nouvelle vision. Je me suis également lancée dans « l'essai/erreur » et ceci m'a beaucoup fait grandir. Certes, je ne suis vraiment pas la meilleure cavalière du monde. Je n'aspire pas à le devenir. Par contre, mes buts ont changé, évolué. J'ai vraiment développé mes propres techniques que je me surprends à expliquer et enseigner à ceux qui me demande de l'aide à cheval et, chaque fois, je suis vraiment étonnée de voir que ça fonctionne. Ça marche. Ça aide. Je crois qu'à un certain stade, le cavalier doit développer assez de confiance en lui pour analyser et essayer des techniques qui pourront apporter des résultats à des problèmes rencontrés. Je suis très fière de ce que j'ai accompli, et ça, je le dois beaucoup à mon cheval Azzaro. Hier encore, je lisais sur divers sujets d'équitation. La Haute École, la Basse École, le saut d'obstacles, le travail éthologique... Malgré toutes mes années de cavalière, hier durant ma lecture, j'ai encore une fois appris de nouvelles choses, j'ai compris des techniques que jusqu'à maintenant je ne comprenais pas (Merci Tony Del Rosso!) et sur lesquelles je m'acharne ces temps-ci sans grand résultat... J'ai vraiment hâte d'embarquer sur mes « dadous » pour les essayer. Jusqu'à aujourd'hui, mes meilleurs résultats sont arrivés grâce à un mélange des techniques de plusieurs disciplines. En effet, le mélange de l'équitation classique anglaise (très conservatrice) à celles de l'équitation western fait jusqu'ici un très heureux mélange. La combinaison des techniques de ces deux disciplines très différentes (et aussi très opposées) n'ont fait que du bon : plus de souplesse, plus de calme, plus de détente, plus d'équilibre pour mes montures. L'apport de quelques techniques de base de la Haute École (que je suis vraiment loin de maîtriser!) m'aura beaucoup aidée, amusée, et surtout ouvert l'esprit. Je souhaite ardemment développer et comprendre les techniques des ces cavaliers autrichiens et espagnols. Je reproche tout de même à la Haute École en général d'être un peu trop fermée, un peu trop conservatrice, mais bon, si ce n'était pas de cela, nous n'aurions pas l'École espagnole de Vienne ni l'équitation Ibérique telles qu'elles sont... Il faut dire que l'équitation du saut d'obstacles est aussi extrêmement conservatrice et bornée... Mon Dieu que je changerais des choses... Mais bref, cela découle aussi de vieilles traditions et c'est quand même beau et « l'fun » de voir cet aspect de la chose. Ça reste quand même le sport équestre dans lequel je suis le plus à l'aise. Mais si je reviens à ma réflexion de ces derniers temps, je pense tout à fait continuer dans le même sens. Continuer à développer mes propres techniques, en utilisant les méthodes et les trucs de plusieurs disciplines à la fois. Ainsi, ne soyez pas surpris de me voir monter Azzaro au mors western faire du dressage, puis la fois suivante au mors simple filet à m'amuser à faire des passes-passes de cowboys... Puis d'autres journées, monter de façon traditionnelle anglaise, très hunter, puis enrêner mes chevaux de temps en temps. Je ne suis pas mêlée. J'explore, je m'amuse, je développe. Je trouve des solutions. Tout cela est motivant et me sort du train-train quotidien de l'équitation régie, bornée et traditionnelle. Ne vous inquiétez jamais sur le fait que monter vos chevaux avec différents mors, différentes techniques, puisse les mélanger dans leur travail. Pas du tout. Ce ne sera qu'un plus. Croyez-moi! Et je pourrais écrire longtemps là-dessus. Mon petit cheval Azzaro défie toutes les statistiques. De son petit 15 mains à peine, il franchit aisément des obstacles qui sont pour lui géants, à 1m10. Cela m'impressionne encore et encore. Il n'est pas conformé pour le saut d'obstacles au départ. Il n'a pas le tempérament d'un cheval d'obstacles. Il a eu des blessures sérieuses aux pattes et aux pieds dans son très jeune temps. Nous n'aurions jamais pensé qu'il aurait pu sauter, de un, et de façon aussi spectaculaire, de deux. Malgré tout cela, il se donne à 200%, il a un cœur gros comme l'univers et je crois que l'entraînement reçu (un heureux mélange de western, dressage et obstacle) a fait en sorte qu'il peut maintenant faire tout cela. Nous avons travaillé extrêmement fort ensemble. Parfois encadrés, d'autres pas. Mais au bout de la ligne, je suis fière des résultats accomplis. Je suis partie de loin avec lui... Il est le plus grand accomplissement dans ma vie, ce que j'ai le mieux réussi, le plus gros travail complété. La plupart des gens ne le savent pas. Les gens de chevaux comprennent. C'est normal. Azzaro m'a fait évoluer sur tous les niveaux : la confiance, le jugement, les connaissances, l'expérience, les habiletés, le sentiment d'accomplissement. Je travaille présentement avec Dreamy. Avec ma réflexion des derniers jours, je crois qu'il est temps d'entreprendre du nouveau travail. Je me lance dans la lecture et dans l'écoute de vidéos de grands cavaliers. Voyons ce que j'aurai envie d'essayer dans les prochaines semaines, et surtout, ce que j'arriverai à faire! Voilà ce qui me motive, les nouveaux défis, le dépassement de moi-même et l'essai de nouveaux équipements et de nouveaux trucs. Courir en manège, franchir des parcours d'obstacles, c'est l'fun, mais tellement redondant, et surtout peu évolutif! Merci à mes chevaux de m'aider à devenir de plus en plus confiante et de devenir une meilleure cavalière au fil du temps. C'est beaucoup grâce à leur bonne volonté. Il y a encore beaucoup de choses que je ne maîtrise vraiment pas, et que je ne comprends pas, mais je suis convaincue que ce n'est pas l'équitation traditionnelle qui va réussir à me faire comprendre. Je préfère poursuivre dans mon cheminement « d'essai/erreur » car, en 25 années d'équitation, c'est ce qui aura été le plus productif. Je préfère travailler en solo. Je crois qu'au niveau de compréhension où je suis rendue, pour moi et mes objectifs bien sûr, cette façon de faire est la bonne. Le problème est que nous n'avons pas accès, ou que très difficilement ici, au Canada, aux enseignements des grands cavaliers de ce monde tels que ceux de l'École espagnole de Vienne et ceux du Cadre Noir de Saumur, pour ne nommer que ceux-ci. Il est certain qu'une séance d'entrainement avec un entraineur peut être bénéfique, surtout à l'obstacle où il est très utile et pratique d'avoir un « œil » au sol qui nous observe et nous conseille. Par contre, je me bute souvent sur des principes qui nous sont enseignés en équitation classique traditionnelle. Je ne suis pas toujours en accord. Je me surprends à mieux comprendre et à mieux anticiper une réaction de l'animal. Je pense qu'ouvrir mon esprit m'aura amenée à développer une équitation de ressenti, tant décrite par un ami et excellent cavalier de l'écurie Laitoibleu, la sensation que j'avais parfois de la misère à ressentir.
En ce moment, je trouve que les formations des cavaliers ne sont pas assez exigeantes quant aux formations d'instructeurs et d'entraineurs d'équitation. Les programmes sont trop basiques, manquent de contenu, je trouve. Les critères d'évaluation lors d'examens devraient être beaucoup plus stricts. Mais ça, c'est mon avis et je ne vous demande pas d'être en accord avec moi. Les cavaliers, certifiés ou pas, pour lesquels j'ai le plus de respect, sont ceux qui sont allés plus loin que leur simple « formation » de cavalier; ceux qui ont plusieurs années d'expérience, et surtout, avec des chevaux difficiles et qui sortent de l'ordinaire; ceux qui cherchent à trouver des solutions autres que celles enseignées traditionnellement, qui sont encore une fois, non adaptée à tous les types d'équins, toujours selon mon avis et mon expérience personnelle. C'est avec eux que j'aime discuter et c'est vers eux que je me tourne lorsque la solution à un problème m'échappe. Pour le moment, la continuation de l'acquisition de mes brevets pour moi aurait pour seule utilité d'être couverte par une assurance responsabilité civile et diverses couvertures si un accident arrivait lors d'une séance de cours à des élèves.
Pour revenir à ce qui est des entraîneurs, Dieu merci! Il y en a encore qui sortent des règles « standards » - livres - tests - examens. Certains entraîneurs sont vraiment bons et ont leurs propres techniques. C'est ça que j'aime! Ceux qui voient plus loin, ceux qui ne se fient pas seulement qu'à leur manuel d'équitation de cavalier niveau 6 ou 8! Les chevaux ont tous des tempéraments différents, nécessitant une approche différente et des techniques qui leur conviennent. Trop de chevaux sont mis de côté pour cette raison. Le mien était, selon certains entraîneurs, bon à rien. Mauvais tempérament, mauvaise conformation pour réussir à l'obstacle... Hé, hé! Regardez maintenant qui saute plus haut que votre « dadou »!
Je fais encore des erreurs à cheval, mais en même temps, quoi de mieux pour prendre de l'expérience que de se « cogner la face dans le mur » en faisant une erreur de manœuvre? On apprend et l'on devient meilleur en faisant des erreurs. Parfois cela prend beaucoup de temps pour trouver la source de l'erreur, ou de seulement même s'en rendre compte, mais lorsque l'on a trouvé, c'est parce que l'on a enfin compris. C'est en regardant Azzaro que je me rends compte de tout ce que je suis capable de faire. Cela vient de moi seule, de mon travail. Il n'aurait probablement jamais effectué d'appuyers, d'aussi beaux pivots etc., si je m'en étais tenue aux principes « chasseur » enseignés dans nos écoles d'équitation. Je ne regrette vraiment pas mes choix, surtout quand un cavalier que j'admire, et ayant beaucoup plus d'expérience que moi me demande ce que je pense de « sa ride d'aujourd'hui ». Cela veut dire que ce cavalier fait confiance à mon jugement et à mes connaissances. Quoi de plus flatteur? Je me rends compte dernièrement, et surtout suite à cet évènement, que je suis plus « ferrée » que ce que je pensais. Ce qui me pousse à continuer, à ne pas me décourager parce que, oui, ça m'arrive souvent. J'ai eu un petit manque de motivation dernièrement, car j'ai un but, entre autres, que je n'arrive pas à atteindre avec l'un de mes chevaux. Cela me remet toujours en question sur le coup. Mais avec un regard en arrière sur mes accomplissements, je retrouve peu à peu la motivation de continuer dans le même sens que celui que j'ai emprunté ces dernières années. J'espère y arriver. Cela demande beaucoup de travail, sur moi en premier, puis ensuite sur mon cheval. Voilà ma réflexion sur l'état de mon évolution de cavalière. J'espère avoir la chance de monter encore longtemps et d'avoir aussi la chance d'échanger des connaissances avec mes acolytes cavaliers. J'ai quand même la chance d'être pas mal bien entourée. L'équitation, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est très complexe. En plus, ce n'est pas qu'un sport, mais tout un mode de vie. Nos pensées sont souvent monopolisées par elle car, nous, cavaliers, semblons parfois bizarres, dans notre bulle, mais je crois que c'est normal quand c'est une passion!
N.B. : Les propos de cet article n'ont pour aucun but de discréditer l'excellent travail de notre fédération équestre ainsi que celui de nos instructeurs et entraîneurs certifiés. Cet article est basé sur des expériences personnelles seulement, et ma vision des choses face à ces expériences. Nous avons besoin de la FEQ car, sans elle, nous n'aurions aucune « culture du cheval », n'aurions aucun cavalier « élite », n'aurions aucun programme de formation et encore moins de compétitions si bien organisées. De plus, plusieurs disciplines n'auraient jamais été mises en valeur et certaines d'entre-elles nous seraient encore inconnues.
Note : Si des opinions sont émises dans ce texte, elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de poneyxpress.com.





Par Vé&M
Par Sissi5
Par ani30
Par Quick6Lee
Par Quick6Lee