Les chemins de Compostelle : le GR 65 à cheval

- par zinzine - Mots-clés : , ,

Texte par zinzine
Fred devant,  moi sur Popeck qui fais une gueule fatiguée sur la photo! - Photo : Thérèse David,  pélerine française
Fred devant, moi sur Popeck qui fais une gueule fatiguée sur la photo!

Photo : Thérèse David, pélerine françaiseZoom


[ AVENTURE ] J'ai vécu en France d'août 2005 jusqu'à décembre 2007. J'ai eu l'opportunité de m'acheter un cheval dénommé Popeck. C'était un beau hongre Camargue de 15 ans. Avec lui, je faisais plein de randonnées dans la campagne Tarnaise (près de Toulouse). Il n'avait peur de rien, passait partout. J'avais pour projet de faire les chemins de Compostelle à pied, du Puy-en-Velay, en France, jusqu'à Santiago (Espagne), totalisant 1600 kilomètres. J'ai donc décidé, après avoir pris plusieurs informations, d'effectuer le trajet en France avec mon amour de cheval. Comme je n'avais pas de véhicule de logistique, je ne pouvais pas amener Popeck en Espagne, car l'approvisionnement en fourrage et en grains est très difficile sur le chemin et les gîtes ne disposent pas d'infrastructures adéquates pour accueillir les équidés. Comme mon cheval avait 15 ans à l'époque, j'ai établi un itinéraire de 400 kilomètres. En plus, Popeck vivant avec un poney à l'année, je savais que seul, il ne serait pas trop heureux. Je ne voulais donc pas lui faire faire 800 kilomètres seul! J'étais accompagnée de mon copain français qui marchait toujours devant Popeck, ce qui le rassurait (Si papa peut passer là, moi aussi!). Nous n'étions donc pas tout seuls.
Fred devant, moi sur Popeck qui fais une gueule fatiguée sur la photo! - Photo : Thérèse David, pélerine française
Fred devant, moi sur Popeck qui fais une gueule fatiguée sur la photo!

Photo : Thérèse David, pélerine françaiseZoom


Nous sommes donc partis le 27 juillet 2006, à Figeac dans le Lot, pour environ 15 jours de périple. Nous faisions 20 à 30 kilomètres par jour. Le début de ma journée commençait vers 5h30 lorsque je donnais le granulé (environ quatre kilogrammes!) à Popeck qui m'appelait dès qu'il m'apercevait (parfois ça réveillait les autres pèlerins…). À 7h30 : Pansage, sellage et départ. Pause dans la matinée, 1h30 le midi et pause dans l'après-midi. On arrivait vers 17 heures au gîte que j'avais réservé. Les gîtes disposaient de prés clôturés mais presque jamais de fourrage et de granulés. Donc quand l'herbe était insuffisante pour le gros appétit affamé de Popeck, je devais aller chercher du foin pour lui. Je partais sur le pouce et à la première ferme, je descendais! Ensuite, les paysans, toujours gentils avec moi, me DONNAIENT foin et granulés et revenaient me reconduire au gîte de pèlerin (en échange d'une prière à Compostelle, pour eux souvent (même si je ne suis pas chrétienne) ). Popeck était toujours content de me voir revenir avec 5kilos de foin dans mes sacs de plastique!

Après deux jours de marche et un petit début de mal de dos, pour ne pas surcharger Popeck, j'ai décidé de faire transporter les sacoches par une compagnie qui transporte les bagages des pèlerins d'un gîte à l'autre. Sept euro par jour, ce n'était pas trop cher et beaucoup plus confortable. Je n'avais que les fontes pour transporter le nécessaire durant la journée et mon seau pliable pour abreuver mon dada!

Nous avons traversé une partie du Lot, la vallée du Célé, le Tarn et Garonne, le Quercy, le Gers et enfin l'Aquitaine. Je suis passée dans une ville qui s'appelle Montcuq (prononcez moncul). Eh OUI! Nous nous sommes arrêtés à Aire, sur l'Adour. Les deux dernières journées, Popeck était fatigué. Il se couchait un peu trop longtemps à mon goût… J'étais donc bien contente qu'il revienne chez lui! Lorsque l'on est arrivé, j'étais soulagée de voir son regard et ses joyeuses ruades qu'il a effectuées dans le pré avec son ami Anatole. Il n'avait plus l'air bien fatigué! Pour ma part, j'ai fini les 1200 kilomètres à pied. Je suis arrivée à Santiago le 26 septembre 2006.

Pour terminer, je veux vous assurer qu'une randonnée avec son cheval est une expérience TRÈS intéressante et enrichissante (et stressante parfois…). Elle renforce vos liens avec votre monture. Votre cheval ne compte que sur vous. Lorsque l'on est sur son animal pendant plusieurs jours, on devient en symbiose avec lui. Il nous comprend et on le comprend. Je me rappelle un bel après-midi. J'étais dans un beau chemin de halage. Je n'ai pas eu besoin de demander à Popeck de partir au galop. Il l'a pressenti et il en avait envie autant que moi. Je me rappelle les belles baignades à l'heure du midi dans le Célé, il adorait! Et aussi des massages à l'Arnica sur les membres et dans son dos à chaque soir, il ne bougeait pas d'un poil. Si j'allais à l'épicerie et qu'il me voyait partir sans lui, il hurlait. Je crois qu'il me considérait un peu comme si j'avais été un ami équidé qui quittait l'écurie... J'étais son seul point de repère (avec mon copain). On a eu quelques petites mésaventures qui seraient longues à raconter mais lorsqu'on voyage à cheval, il y en a toujours!

Merci Popeck, je ne t'oublierai jamais, même si tu es si loin de moi. xxXx

Note : Si des opinions sont émises dans ce texte, elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de poneyxpress.com.


Fred devant, moi sur Popeck qui fais une gueule fatiguée sur la photo! - Photo : Thérèse David, pélerine française
Fred devant, moi sur Popeck. - Photo : Thérèse David, pélerine française

Par caissie48

caissie48
Chanceuse! Faire une randonnée a cheval de autant de jour c'est du courage! C'est bizzare mais je suis comme fiere de toi et ton cheval!

Par Hallveig

Hallveig
Une fille d'aventure!!! j'aime ça!


Par Guess

Guess
Ça doit être quelque chose!

Tu ressors de là grandis!

Par Whippet

Whippet
Wow !! C'est vraiment toute une expérience que tu as vécue là !! Dommage pour Popeck et toi .. Mais tu retourneras le voir, si ?!

Et tu peux conserver toujours en mémoire cette expérience inoubliable

Très touchant, vraiment !! ^^