Te remercier
- par Ponìa
[ FAIT VÉCU ] L'année précédente avait été ardue. L'année d'avant, également. Il n'avait suffi que d'une leçon d'équitation pour semer en moi la peur du galop. J'en étais, je crois, à mon cinquième cours où je galopais. La jument avait accéléré. Je n'avais pas d'équilibre. J'étais tombée au sol, dans la boue. À maintes reprises. Une autre personne du même cours était tombée. Les chevaux s'étaient quelque peu « battus », près de moi. Je les avais séparés à un moment d'accalmie. Par la suite, je paniquais dès qu'il était question de galop. Cela avait traîné tout le reste de la saison. L'année suivante, car je suis une cavalière saisonnière, l'histoire recommençait. Je ne compte pas le nombre de cheval que j'ai monté cet été-là. Des plus faciles, à mes préférés car, bien que j'étais débutante, mes préférés n'étaient pas les plus faciles! Rien n'y faisait, dès que le cheval galopait, je l'immobilisais, je figeais, je paniquais. Incontrôlable, tout simplement. J'ai songé arrêter l'équitation. Je n'y prenais plus plaisir. C'était humiliant : tout le monde avec qui je montais galopait bien et j'étais incapable d'en faire autant.
L'été achevait sur une bien mauvaise note. Pourtant, aujourd'hui, je suis heureuse d'avoir été trop orgueilleuse pour admettre ne plus vouloir monter. Deux ans de monte presque perdus... Sans prendre plaisir à ce qui était devenu une véritable passion. L'été d'après, j'étais de retour à l'écurie. Avec toute la volonté de vouloir réussir, mais déjà démoralisée à l'idée de continuer à tourner en rond. J'allai voir qui je montais. Butterfly. Je ne la connaissais pas. J'allai la chercher dans son box. Elle était grande, ce que j'aimais chez un cheval. Mais, baie, les crins « grinchus » et avec les hanches très saillantes. Pas spécialement belle... Elle ne cessait de gigoter tout le temps que je la pansai. Cela m'énerva grandement, je m'en rappelle aisément! Puis, je réalisai que j'avais oublié ma bombe et ma cravache chez moi. Le cours n'était pas encore débuté, ma saison non plus, que j'avais déjà perdu tout enthousiaste. Argh!
Et, je montai en selle. J'appris que Butterfly était encore jeune. Quatre ans, tout juste. N'était-ce pas complètement idiot de faire monter une jument de quatre ans à une débutante effrayée du galop? Ç'aurait pu l'être...
Elle était si facile et si plaisante au trot... J'étais à mon aise... Très réactive, il ne suffisait qu'un peu de pression pour qu'elle m'écoute... En bien peu de temps, elle acquit ma confiance. J'appris à mieux placer mes jambes. C'était tellement facile avec elle. Les autres galopaient alors que moi je trottais. Ma monitrice me demanda d'au moins essayer au galop. Je ne demandais pas mieux. Sitôt demandé, sitôt au galop... Je ne perdais pas mon équilibre à le lui demander, elle obéissait directement... Et quel confort au galop. Maintenant, cela me semble absurde à affirmer, pourtant c'est vrai : en moins d'une heure avec elle, je galopais. Sans peur (enfin si, mais juste un peu), en confiance...
Le cours suivant, immense déception : je ne la montais pas. Celui d'après, c'était encore Butterfly et moi. Et c'en fut ainsi pour pratiquement le reste de l'été! Cette jument m'aura appris bien plus en un seul été que tous les autres chevaux que j'ai montés en près de huit ans de monte. On apprenait ensemble et on apprenait à l'autre, mutuellement. Est-il seulement possible qu'une débutante puisse apprendre à un jeune cheval? Je le crois.
De la cavalière qui savait tout juste trotter, j'appris à galoper. J'appris à sauter. Des croisillons, des verticaux, des combinaisons d'obstacles. Elle et moi étions un duo, pas seulement une cavalière et un cheval. On était une équipe. Imparfaite, j'en conviens, mais une équipe malgré tout. Et malgré mon faible niveau, des cavalières bien meilleures que moi me complimentaient sur ma façon de monter Butterfly. Elles n'arrivaient pas à en faire autant, me disaient-elles. Il était vrai que, du moins cet été-là, Butterfly était monté par peu de gens. À mon grand bonheur! Vers la fin de cet été prodigieux, on me fit monter un autre cheval. Cet avec lui que je passai mon galop 1 et je ne doute pas instant que ce soit Butterfly qui m'ait mené jusque là. L'année s'achevait sur cette belle note. Pour faire changement!
L'année suivante, j'étais de retour. Plus motivée que jamais. Je ne montai plus Butterfly. Si j'étais frustrée? Vous n'en avez même pas idée... Pis encore, c'était quelqu'un de mon groupe qui la montait! Elle était difficile... Très paresseuse, elle refusait souvent d'avancer. Je regardais le pauvre homme s'échiner à la faire avancer. Elle avait vieilli, mon bébé... C'était devenu une jument « très technique » à qui on apprenait à faire avancer un cheval avec technique!
L'hiver suivant, je me permis quelques leçons. On me laissa monter Butterfly. Elle n'avait pas changé, pas avec moi. Je ne pourrai jamais oublier un cours, d'elle et moi... Cette jument qui ne voulait désormais plus avancer galopait dès que j'y pensais. À la moindre pression de mes jambes. Mieux encore que les autres chevaux du groupe, pourtant reconnus comme plus faciles.
Je me souviens aussi que son box comportait un grillage en tissu, car Mademoiselle savait ouvrir la porte et sortait. Je n'avais pas mis le grillage pendant que j'étais près d'elle et que je rangeais mes choses. Elle avait sorti sa tête et me regardait de ses grands yeux si doux...
L'été suivant, j'étais là, de nouveau. Je la cherchai, ne serais-ce que pour la saluer et la voir. Car je l'aimais plus que quiconque. Je ne la vis pas. Elle n'y était plus. J'ignore où elle est. Est-elle décédée dans de tragiques circonstances? A-t-elle été vendue? Théoriquement, elle n'appartenait pas à l'écurie (elle et un autre cheval avaient été prêtés), est-elle retournée chez son véritable propriétaire? Je n'en sais rien et je préfère même l'ignorer. Je garde tout de même espoir de la revoir un jour. Ne serait-ce que pour la remercier de tout ce qu'elle m'a apporté... Ce n'est que partie remise, ma toute belle...
Note : Si des opinions sont émises dans ce texte, elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de poneyxpress.com.



Par nikki6
Par Vé&M
Par Dydy_Jolie
Par Ninilili
Grâce a poneyxpress, jai retrouvé la trace de 'TOP GUN' ma jument de cours d'il y a 12 ans. Elle était une jeune de 8 ans a l'époque. Elle coule maintenant des jours heureux a Québec, elle donne des cours a des débutants et elle a presque 20 ans. Ca ma fait drôle. elle n'a pas changé. Elle s'arrête toujours quand elle sens que le cavalier est désiquilibré
Mets sa photo sur le forum, sa description...peut-être tu auras alors des nouvelles d'elle? bonne chance
Par kimy-117
Par marcy
J'espère de tout que tu l'as retrouvera