Tamaska, une vie reprise en main

- par Ariebilod

Texte par Ariebilod

[ FAIT VÉCU ] Je m'appelle Tamaska. Aujourd'hui, j'ai cinq ans. Je suis une jument très spéciale, en fait, pas pour tout le monde. Certains me considèrent « charogne ». Aux yeux des deux jeunes femmes, Arie et loulou, qui s'occupent de moi, je sais que je compte beaucoup. Elles prennent soin de moi et m'apprennent à devenir une bonne bête.

Je me rappelle lorsque je suis née, c'était en 2010, j'étais une jeune pouliche fougueuse et pleine de joie de vivre. Ma maman était naviculaire, c'est pour ça que personne ne m'a jamais achetée. Arie venait souvent me voir dans mon enclos natal. Elle me prénomma Tamaska, cela a une signification très précise. Tamaska est à l'origine du mot Tamask, qui représente la créativité, l'apprentissage et l'innovation de soi. Mon nom n'avait selon moi aucun lien avec ma personnalité. Lorsque j'ai commencé à grandir, mon propriétaire m'enferma dans une stalle, sans sorties. Au début, je n'y comprenais rien, je voyais les autres chevaux se faire aimer et cajoler par leurs propriétaires! Arie et loulou n'avaient pas l'autorisation de s'occuper de moi à cette époque. Je sentais la rage s'emparer de moi de plus en plus chaque jour, je devenais peu à peu malsaine. Ma stalle n'était nettoyée qu'une fois par semaine et je n'avais jamais appris à être propre. J'ai passé trois ans de mon existence dans cette stalle qui me tenait prisonnière.

Un bon jour, quelqu'un ouvrit la porte de ma stalle. Je fus quasiment éblouie par la lumière du jour. Mon premier réflexe: foncer vers la personne et essayer de la mordre, pour ensuite me retourner et ruer. J'étais un animal sauvage. N'ayant pas été en contact avec un être humain qui était attentionné et qui ne me traitait pas de charogne depuis près de trois ans, ma rage était incontrôlable. Je ne me rappelais plus de Arie. Pourtant, c'était bien elle, avec sa grande sœur loulou, qui essayait tous les jours de me toucher dans ma boîte de malheur sans que je la morde. Pourquoi ont-elles été si persévérantes? C'en était presque fatigant de devoir tous les jours me fâcher après elles. J'ai cédé. J'ai mis ma rage de côté juste le temps qu'elles me mettent un licol et me sortent dans un enclos. C'est là que j'ai laissé sortir ma rage. Je galopais, comme j'en rêvais depuis des années! Libre comme l'air. Les fabuleuses jeunes femmes m'ont rentrée à l'intérieur de peine et de misère. Elles n'arrivaient pas à m'avoir. Lorsque je rentrai finalement dans l'écurie, ma stalle était propre comme elle ne l'avait jamais été. L'odeur de la ripe fraîche me réconfortait. Je dormis enfin bien. Je vous jure que ces deux jeunes filles ont une persévérance de fou! Chaque jour sans fautes, elles m'apprenaient quelque chose de nouveau! Je n'étais pas facile, mon caractère était très dur. Je ruais. Je fonçais. Mes oreilles étaient toujours dans le crin. Vint le jour où j'eus ma première selle. À l'âge de trois ans presque quatre. Ce ne fut pas facile pour loulou. C'est elle qui me montait, pendant qu'Arie tenait la longe.

Peu à peu, j'ai appris que ces jeunes femmes ne me voulaient pas de mal, elles voulaient que je devienne une meilleure jument. Je me suis fait un copain, le cheval de loulou et Arie. Au tout début, ce n'était pas l'amour fou, mais finalement, ce n'est pas si pire. Je travaille pour loulou. Elle est fière lorsque je réussis les manœuvres qu'elle me demande d'exécuter et je suis heureuse lorsqu'elle est fière de moi. Je me sens comme une petite princesse. Même si aujourd'hui je ne suis pas encore à loulou et Arie, elles s'occupent de moi tous les jours! J'espère tellement qu'un jour elles m'achèteront! Je remercie la vie d'avoir mis ces deux jeunes femmes sur mon passage.

Arie : « Tamaska, la jument dont je prends soin tous les jours n'est malheureusement pas encore ma propriété. Dans cette histoire se tient une morale très importante. Il n'y a pas de mauvais chevaux. Aucun cheval ne devrait être mis de côté. Cette jument n'est pas la plus belle, elle a encore des petits manques au niveau de son caractère, mais au fond d'elle-même, elle ne cherche qu'à se faire aimer. Il ne fallait qu'essayer de la comprendre et ne pas se laisser effrayer par son caractère peu accueillant. Je suis extrêmement fière de ce qu'elle est devenue aujourd'hui et je vous invite à ne jamais abandonner, car l'espoir se trouve partout, il ne suffit qu'à y croire. »

Note : Si des opinions sont émises dans ce texte, elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de poneyxpress.com.

Par Chica1971

Chica1971
Bravo pour tout. Votre histoire m'a touchée vraiment.J'ai eu les larmes aux yeux... comment peut on laisser un animal au box 3 ans.. 1000 fois bravo pour votre courage et persévérance.

Par Ariebilod

Ariebilod
Merci beaucoup beaucoup! C'est toujours encourageant de recevoir de beaux commentaires comme celui-ci!

Par vero_ski

vero_ski
Wow, on dirait que je viens de lire l'histoire de ma jument Moi par contre je n'ai aucune idée de ce qu'elle a vécu dans sa vie, à part qu'elle a été battue et abandonnée plusieurs fois dans ses 6ans de vie... elle est si difficile d'approche, elle est vraiment restée traumatisée Tout le monde la déteste et la traite de charogne... Il n'y a que moi qui est présente pour elle, qui lui donne de l'affection et de l'amour.... Elle est tellement remplie de colère et de hargne et de colère envers le monde entier! J'espère que Tamaska se porte bien aujourd'hui et que ma Zyra suivra ses pas...

Par Ondine

Ondine
J'ai pleuré c'est vraiment touchant

Par Olane18

Olane18
Je vous admire vraiment, bravo , vous avez sorti cette jument de là misère. Pauvre elle , rester 3 ans 24h sur 24 dans un boxe fait une fois par semaine ! Pas étonnant qu’elle se soit révolté. Même un cheval qui passe toute la journée dehors on est supposé le nettoyer tous les jours , là j’ose même pas imaginer.