Tant que l'espoir survit...
- par BlackLady
[ FAIT VÉCU ] Souvent, lorsque je suis allongée tranquillement sur le dos de ma bête, un sourire s'accroche à mes lèvres. Une simple raison : prendre réelle conscience du bonheur qui m'enveloppe au seul contact avec celui qui a volé mon cœur. Pourtant, notre histoire si peu particulière continue à me faire croire que la vie nous réserve des surprises et que, pour cette raison, l'espoir ne devrait jamais nous quitter. C'est pourquoi je tiens à partager cette tranche de vie avec vous, amoureux des chevaux.
J'ai commencé à monter à cheval à l'âge de six ans... À cet âge, on est souvent ignorants des véritables responsabilités. À huit ans, j'ai dû interrompre mes cours d'équitation suite au décès de mon père. En grandissant, j'ai pris conscience de l'importance des chevaux dans ma vie et un simple contact m'aidait à passer au travers des difficultés.
Je travaillais fort à l'école pour mériter mes petites promenades mensuelles au ranch près de chez moi... Par curiosité, j'ai demandé quel cheval était considéré le plus hot. Avec indifférence, on m'a répondu : Black...
Une journée d'été, j'ai voulu voir ce que ce Black avait de différent. J'ai demandé à le monter. Le propriétaire m'a regardé d'un œil interrogatif avant de me l'accorder. En attendant ma nouvelle monture sur le banc extérieur, j'ai remarqué un monstre noir galoper avec force et une intensité exceptionnelle... Il avait ce quelque chose qui attire l'attention... Il est rentré seul dans l'écurie, comme par automatisme... J'ai attendu encore... Puis, la guide m'a regardée et m'a lancé : « C'est toi qui a demandé Black? » Signe de tête peu convainquant de ma part. S'en est suivie la bombe noire qui m'a attirée... Ah bon? J'allais vraiment monter cette bête féroce?
Premier regard, premier amour. Suite à cette simple randonnée, mon cœur a été complètement enveloppé de cette douce auréole qu'est l'amour. J'ai reçu une demi-pension pour Noël avec mon cher Black et il en a été de même pour les trois années suivantes. Je suis devenue guide dans ce ranch et je m'assurais du bien-être de mon protégé, exerçant un contrôle indirect sur les comportements des autres employés et clients qui entraient en contact avec lui... Mon but était de ramasser l'argent nécessaire pour son achat, tout ce que je faisais était pour lui... Comme je l'aimais...
Puis, le malheur s'est abattu sur moi : le propriétaire vendait tout et je n'avais pas l'argent nécessaire à son achat. J'ai demandé un délai, supplié de toute mon âme de ne pas nous séparer. La nature humaine étant ce qu'elle est, mon cher boss l'a vendu à un autre propriétaire de location de chevaux pour le double de ce qu'il me demandait au départ. J'ai pleuré, hurlé, tenté d'aller le voir à l'autre écurie et l'on me retournait, prétextant que je devais payer si je voulais le voir. J'avais mal, très mal... Mon adolescence me rattrapait brutalement et j'ai compris qu'en affaire, le cœur n'a pas sa place, surtout lorsqu'il s'agit d'une simple petite adolescente insignifiante qui s'est attachée à un simple cheval destiné aux travaux forcés...Pourtant, dans mes derniers instants avec mon Black, entre mes sanglots déchirants et mes vagues d'espoirs et de ténacité, je lui ai fait la promesse que nous allions nous retrouver un jour...
Les années ont passé, j'ai vieilli, acquis de la maturité et de l'expérience de vie... Black n'a pourtant jamais quitté mon esprit, malgré les rumeurs de son décès. J'ai eu mon premier cheval, une vieille jument qui a fini ses jours dans la tranquillité et l'amour d'une bonne famille. À sa mort, j'ai été désemparée et je cherchais comment apaiser cette souffrance.
Une journée de printemps, alors que je discutais avec une amie et ancienne collègue du ranch, j'ai eu un élan d'espoir qui m'a traversé l'esprit : Et si Black était toujours vivant? Mon amie m'a accompagnée jusqu'à l'écurie pour aller vérifier. Je suis entrée, très confiante, et je ne l'ai vu nulle part. Le propriétaire est arrivé et je lui ai demandé s'il avait toujours le gros Black. En entendant ce oui si espéré, je me suis empressée de lui proposer une offre d'achat, qu'il accepta après quelques négociations. Il me dirigea alors vers l'enclos où mes yeux se sont remplis de larmes. Black était là, il me regardait. Je me suis approchée et il s'est laissé flatter comme dans le temps. Je me suis alors agrippée à son encolure en lui murmurant avec une émotion vive : « Je suis venue tenir ma promesse, mon gros... »
Depuis ce jour, nous ne nous quittons plus... Nous rattrapons le temps perdu avec cette vigueur que seuls les gens qui s'accrochent à leurs rêves peuvent comprendre. Je regarde dans ses doux yeux et je ne cesse de le remercier d'être là, d'être ce pourquoi je souris toujours... Et encore, je remercie la vie de nous avoir donné une seconde chance...
Pour tous ceux qui, comme moi, vivent des moments riches en émotions de toutes sortes, peu importe votre âge, je vous lance ce message : Ne perdez jamais espoir en la vie, car nul ne sait quand le bonheur viendra frapper à votre porte.
Note : Si des opinions sont émises dans ce texte, elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de poneyxpress.com.



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